Créateur
Contributeur
Karila-Cohen, Pierre
Éditeur
Mémoire de master recherche 2e année : Histoire. Histoire, civilisations, patrimoine : Rennes 2
Date de création
2023
Format
1 vol. (449 p.)
Résumé
La seconde crise marocaine pose un jalon sur le sentier menant à la Première guerre mondiale. Elle est aussi le dernier épisode de grande tension franco-allemande, de 1871 à la déflagration de juillet 1914. Malgré une résolution pacifique – et définitive – de la question marocaine, la situation diplomatique européenne en ressort détériorée. La présente étude s’attache à analyser le cours de cette négociation singulière, longue et complexe tout à la fois, à travers la figure du principal négociateur français, Jules Cambon, ambassadeur de France à Berlin. Archétypes de « la diplomatie de cabinet » du XIXe siècle, les pourparlers de 1911 révèlent les particularités du poste diplomatique berlinois en situation de crise, au moment où la guerre menace sans jamais éclater. Ils mettent également en lumière les limites auxquelles se heurtent ses deux animateurs, Jules Cambon et le secrétaire d’État allemand Alfred von Kiderlen-Waechter. La presse est le plus important de ces obstacles. Elle joue un rôle nouveau, confrontée aux méthodes « vieille école » des deux diplomates, dont l’obstination à garder le silence s’avère finalement contre-productive à l’heure des premiers médias de masse. La discussion d’Agadir illustre ainsi le cas d’une diplomatie entravée par sa relative inadaptation au caractère médiatique de son temps, et dont le présent mémoire tente de rendre compte.